Je l'aime, oui. Oui, parce que son absence m'affaiblit et m'arrache à moi même. Parce que je ne suis pas où il n'est pas. Parce que je ne fais que paraître où il ne parait pas. Pourtant tout devient complexe. La distance me ronge. Les doutes. La volonté de vouloir batir toujours plus haut. Mais il n'est plus de ce projet. J'aimerais me détacher un peu, pour croire en moi sans attendre qu'Il n'ait à me convaincre que je suis tout à ses yeux. Car c'est surement cela que j'attends. Le grand amour. Non, je n'y crois plus. Lui et moi s'accordait à l'infini. Et puis le temps passe. Je vise l'avenir. Mais Il est loin de mon présent. Je ne sais pas trop pourquoi m'entéter à écrire, pour ne rien dire en vrai. Car l'inexplicable est au fond de moi. Comment être heureux quand son essentiel, sa moitié, sa vie est bien trop loin pour vous appartenir au quotidien, pour l'être?
Cet amour me détruit. Je l'aime. Je l'aime plus encore qu'il n'est pas là pour le vivre. Pour me vivre. Pour Nous vivre. Je ne sais plus qui je suis. Qui il a fait de moi. Les minutes s'écoulent. J'attends. Un appel. Un manque. Un besoin. Sa voix. Son coeur. Qu'il m'oxygène. Que je respire le temps de deux ou trois promesses. Et puis Il raccroche. Sa vie là bas reprend. il me faut retrouver une occupation quelconque pour oublier un instant que je suis seule. Que je ne suis rien. Que je ne suis plus.
Alors voilà, il me faut vivre. Sans son regard. Parce que je l'étouffe à trop le respirer. Parce qu'Il ne me veut qu'indépendante. Parce que les rêves en grand sont pour les enfants, illusion de la magie avant de leur montrer la Vie. Parce qu'Il est devenu grand ...
Encore un texte vain et sans fin. Mais puisqu'il me faut tuer chaque seconde... Ne plus regarder en arrière. Penser aux beaux moments à venir. Aider les autres pour me sentir un peu moins épuisée, un peu moins faible.
Je ne sais pas, je ne sais plus. Je m'abandonne. Espérant qu'Il me voit, qu'Il me rattrapera. Que l'on s'aimera jusqu'à la fin des temps, plus encore, peut être. Qu'il me dira qu'Il m'aime, qu'Il n'est pas où je ne suis pas, qu'Il ne fait que paraître où je ne parais pas... Ou plutôt qu'Il l'écrive. Parce que la parole n'est que fades flatteries. Qu'il hurle son amour sur papier, parce qu'Il en ressent le besoin, le coeur lourd ou l'esprit dans les cieux. Qu'Il herre, dans le but seul de graver nos noms au Ciel. Mon aspiration à m'envoler le tire vers le bas. Me faudra t il prendre mon envol seule ?....
